Un excellent livre : le Mariage d’amour n’a que 100 ans !

Qui ne s’est pas encore initié dans un essai afin de cadrer ce qu’est l’amour ou encore le mariage ? Si les artistes se penchent dans leurs paroles de chansons pour évoquer leurs émois, les auteurs, eux, lancent des réflexions.

C’est apparemment le cas de Laurence Caron-Verschave, une ancienne journaliste qui travaille aujourd’hui dans la communication professionnelle et associative et de Yves Ferroul un haut diplômé en lettres qui est à la fois enseignant à l’Université Lille-II et médecin sexologue. Les deux pointures littéraires se sont associées pour éditer un ouvrage aussi provocateur que passionnant intitulé « Le mariage d’amour n’a que 100 ans ».

Le livre est le fruit de l’expertise d’un agrégé en lettres qui connait l’histoire de l’humanité comme sa poche, ainsi que du talent incontesté d’une amoureuse de l’écriture qui a la capacité de traiter des sujets de fond et dont les contenus sont instructifs, fascinants, mais aussi érudits.

Édité en mai 2015 par Éditions Odile Jacob, l’ouvrage raconte l’histoire du couple depuis l’époque de Lucy, en passant par l’Antiquité jusqu’à l’époque contemporaine. Il se présente généralement sous la forme d’un dialogue spontané, court, sans jugement et basé sur des faits historiques, entre les auteurs. « Le couple d’aujourd’hui est le fruit d’une très longue histoire, commencée il y a des millions d’années », cite Yves Ferroul. Ce qui a fait réagir son associée en lançant une drôle de remarque, quoique philosophique en disant : «Donc on pourrait imaginer que Lucy, la grand-mère de l’humanité, a filé le parfait amour avec un bel australopithèque tout poilu? ».

Le vif du sujet se traduit ainsi par une suite d’analogies qui se fondent évidemment sur la réalité historique du concept du mariage, lequel s’est peu à peu mué au mariage que nous connaissons tous aujourd’hui. D’ailleurs, avant même que les débats ne commencent, les auteurs ont choisi d’illustrer la première page avec une citation d’Alexandre Jardin, in Fanfan « La vie du couple est la seule véritable aventure de notre temps ».

La perception de la vie du couple dans la Préhistoire

Le chapitre I illustre un long débat entre les deux auteurs qui traitent du sujet de la sexualité et du couple. Plusieurs animaux, certainement ceux qui sont proches de la nature humaine, comme les singes, les babouins ou encore les gibbons y sont mentionnés afin d’éplucher ce qu’il en est du comportement sexuel. L’on retrouve un comportant animalier chez l’homme, mais cela ne signifie pas qu’il brade les mêmes « pensées » que les animaux. Et on peut aussi voir que chez certaines espèces, le comportement de fidélité envers leurs semblables est présent.

Des exemples et des faits ont mené à des questions. L’objectif d’avoir une femme est-il simplement d’assouvir ses pulsions ? Ou bien est-ce un devoir conjugal qui mène à procréer, à avoir des descendants ? De discussion en discussion, les débats conduisent finalement à la conclusion que le couple de la préhistoire ne se souciez uniquement que du lignage et de la transmission des biens.

L’image du couple antique !

Les Grecs comme les Romains savaient distinguer l’amitié de l’amour charnel, à tel point que chaque catégorie de femmes était destinée à un seul objectif. Selon Démosthène, un célèbre orateur grec (350 ans av. J.-C.), si les courtisanes servaient pour le plaisir et que les concubines étaient dévoués pour les petits soins, les épouses, elles, étaient bonnes pour enfanter et à être les gardiennes fidèles des foyers.

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D’autres exemples apparaissent dans le livre pour démontrer que l’affection ou l’amitié entre une femme et un homme ne peut exister. Une reprise de la réflexion de Cicéron y est mentionnée, comme quoi l’amitié ne peut subsister qu’entre hommes et que la sexualité avec une épouse ne peut servir qu’à procréer de façon légitime.

Montaigne soutenait par la même occasion son idée du mariage où il n’y a pas point de place à l’amour érotique. Nos auteurs sont parvenus à remarquer qu’en raison de la différence de condition entre les hommes et les femmes de l’ancien temps, un homme ne pouvait pas aimer une femme. Ce n’est qu’une fiction. L’image du couple d’aujourd’hui est encore loin d’être perçue !

L’idéal : « L’homme a pour but de conquérir l’amour d’une femme »

Lorsqu’un homme tombe amoureux d’une femme, il est des plus logiques, de nos jours, qu’il fonde une famille avec elle. Ce sera au sein de ce chaleureux foyer qu’il connaîtra combien elle est une amie fidèle, une sage conseillère et une amante merveilleuse.
Ce n’est apparemment pas le cas des gros gaillards de l’antiquité où pouvoir, fortune, carrière et succès social animaient leurs esprits machistes et barbares. Chez certains des héros tels que Samson ou encore Hercule, l’amour d’une femme les a conduits même à la perte, voire à la mort.

La situation ne s’est pas améliorée lors des époques suivantes, sans doute parce que la situation de la femme n’a pas vraiment évolué afin que l’homme puisse voir en elle, son égal ! En réitérant le même refrain : on se marie pour un titre de noblesse, pour un nom ou pour une dot.
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Certes, on pourrait dire qu’il n’y avait aucune place pour l’amour dans la vie d’un couple. Les désirs sexuels, les relations affectives étaient extraconjugaux. Les histoires d’amour ont rappelé combien il était impossible de défier ce qui a été établi par la société. Roméo et Juliette ou Abélard et Héloïse en sont témoins.

Le mariage d’amour et l’épanouissement de la femme moderne

Le système drastique du mariage d’antan a été, à plusieurs reprises, ébranlé durant le Siècle des Lumières et la Révolution, mais en vain.
Il fallait donc attendre que la situation sociale de la femme s’améliore avant de voir un changement net et clair de la perception du couple. En effet, si tout le monde était d’accord, à une certaine époque, que la femme n’avait pas besoin de l’éducation, les constats ont changé depuis qu’elle a acquis son titre d’égalité à l’homme.

Le XIXe siècle a marqué un tournant important dans le concept du mariage. L’amour a enfin eu le privilège de détrôner les autres objectifs. Les barrières sociales se sont peu à peu écartées. Plus libres, plus décisionnels sont devenus les gens. Malgré les tentatives de l’Église a freiné le mouvement, parce que l’amour de deux êtres s’adonne plus au plaisir charnel, l’évolution est implacable. Même les médecins se sont opposés à l’idée que la passion soit une base assez solide pour fonder une famille. Et finalement, « la passion amoureuse devient quelque chose de positif à vivre au XIXe siècle ».

Mais l’amour à deux est un long fleuve, que seuls les plus patients survivent. Nos deux auteurs poursuivent leur discussion en s’étalant sur les problèmes récents du couple d’amour. Comme a écrit Cocteau: «Le verbe aimer est l’un des plus difficiles à conjuguer: son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif et son futur est toujours conditionnel.»

Auteur : Frédéric Altadill

Seul on va vite, ensemble on va loin !!!
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